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Pour la secrétaire régionale de l'Union interprofessionnelle CFDT Rhône-Alpes Elisabeth Le Gac, le constat de la situation est particulièrement noir. Les dernières données de l'Insee sont sans ambiguité : en 2008, le pouvoir d'achat global des français recule. La revalorisation des prestations sociales et le ralentissement de l'inflation ne compensent pas ce phénomène. Le gouvernement dit qu'on est tous dans le même bateau, "mais il y a ceux qui sont en classe croisière et la majorité se retrouve au fond des cales".
Les salariés ne sont pas responsables de la crise
Les syndicats unis (CFDT, CFTC, CFE-CGC, CGT, FO, FSU, Solidaires, UNSA) pour la première fois depuis bien longtemps, se sont entendus sur une banderole et une déclaration commune. Pour eux, "surmonter la crise implique des mesures urgentes", non seulement économiques mais aussi sociales. "Les salariés se sont considérablement appauvris, cette journée de grève leur coûte cher et il faut vraiment qu'ils soient entendus", insiste Elisabeth Le Gac, qui craint que si des réponses ne sont pas apportées après une mobilisation de cette ampleur ou si le gouvernement fait la sourde oreille, les syndicats soient placés dans l'impossibilité de "canaliser" le mouvement. On pourrait alors assister à la récupération politique du mouvement, juste au moment des élections européennes, ou à la création de "coordinations" qui contestent la représentativité des syndicats.

La grève, et après ?
Pour la CFDT, trois niveaux d'intervention sont attendus en réponse à cette mobilisation sans précédent : "au niveau de la Région, nous sommes entendus et le plan d'action mis en place par le Conseil Régional répond à un certain nombre de nos préoccupations", indique Elisabeth Le Gac qui appuie la définition de bassins d'emplois, le travail autour des pôles de compétitivité, les actions de formation proposées par le Conseil Régional.
Refaire un Grenelle Social

Reste le niveau national et européen : face à la crise, le gouvernement propose des solutions économiques mais rien sur le plan social. Pourtant tout reste à faire : "si on étudie les résultats des pays européens, la France qui se dit leader est en queue de peloton dans tous les domaines, sur l'emploi des "seniors", sur l'emploi des jeunes et sur le retour à l'emploi des chômeurs de longue durée !". Il faut vraiment utiliser la période de négociation branche par branche qui commence avec le patronat mais aussi mettre l'ensemble de la politique sociale sur la table pour prendre en compte les changements induits par les nouvelles formes de travail. "Il ne sert à rien de continuer à former des caissières si on sait que le métier va disparaître", "C'est toute une démarche d'organisation des territoires qu'il faut prendre en compte : on ne peut plus raisonner à partir de formations qualifiantes pour un métier particulier, il faut maintenant voir comment des passerelles peuvent s'établir pour qu'une personne puisse occuper des métiers différents tout au long de sa vie".
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